La rue des jardins

Plante herbacée odorante voisine des agrumes qui avait sa place dans les jardins médiévaux pour ses propriétés digestives et carminatives - plante photosensibilisante.

Ruta graveolens L. Fam.RUTACÉES

rue des jardins Geissklee common rue

Parties utilisées :

Feuilles, fleurs et fruits

Propriétés et utilisations :

La rue contient des substances intéressantes sur le plan pharmacologique :

  • des flavonoïdes, protecteurs vasculaires (rutine et quercétine).
  • des furanocoumarines photosensibilisantes.
  • des alcaloïdes.
  • une huile essentielle (0,5 à 3°/°).

La plante favorise les contractions utérines d’où son utilisation comme plante abortive, emménagogue (favorise la survenue des règles) et anaphrodisiaque chez l’homme. Elle provoque également, à forte dose, de graves lésions rénales et hépatiques.
Les furanocoumarines sont phototoxiques. Elles induisent, par contact des feuilles, suivi d’une exposition au soleil, une dermite aiguë qui ressemble à une brûlure du 1er voire du 2ème degré ; secondairement, la peau garde une hyperpigmentation qui peut persister longtemps.
L’huile essentielle de rue provoque des contractions de l’utérus ainsi que des hémorragies utérines. Les signes d’intoxication à la rue, commencent par des troubles digestifs puis des signes de choc ( hypotension, troubles cardiaques) puis une insuffisance rénale et hépatique pouvant conduire au décès.

Un peu d’histoire…

La rue des jardins est originaire du pourtour méditerranéen et du Moyen Orient mais elle fut acclimatée dès le Moyen Age dans les régions tempérées plus froides de l’Europe. C’est une plante médicinale traditionnelle utilisée depuis l’époque gréco-romaine pour son action abortive, mais aujourd’hui délaissée en raison de sa toxicité. Elle est toujours utilisée en homéopathie.
Au Moyen Age, elle fait partie du vinaigre des quatre voleurs, préconisé contre la peste, dans lequel sont associées la sauge, la menthe, le romarin, l’absinthe, la lavande, la cannelle, la girofle et le camphre.
La rue fait partie des plantes potagères préconisées par Charlemagne, dans son Capitulaire de villis.
Au XVIIe siècle, Hildegarde von Bingen la préconise contre les « bouillonnements excessifs sanguins » chez l’homme (colères intempestives et incontrôlables)
Au XVIe siècle, les espagnols et les portugais l’introduisent en Amérique du sud où elle est encore considérée comme une plante magique, protectrice contre les « forces du mal ».


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