La grande aunée

Belle plante vivace, assez rare, de la famille des ASTÉRACÉES, pouvant atteindre 150 cm. de hauteur. Autrefois cultivée pour sa racine médicinale, elle est observée sporadiquement sur des sols plutôt argileux.

Inula helenium L. Fam. ASTERACÉES

Nom allemand anglais et français

Inule campane oeil de cheval, lionne, hélénine Alantwurz elecampane, horse heal

Parties utilisées :

La partie souterraine (rhizome)

Propriétés et utilisations :

Le rhizome d’aunée est riche en inuline, sucre complexe non assimilable par l’organisme mais qui stimule le développement de la flore intestinale ; elle contient aussi une huile essentielle, l’hélénine, des sels minéraux, des résines et diverses substances. Elle est réputée pour ses actions sur l’appareil respiratoire : antitussive, expectorante et asséchante, antispasmodique. Elle est également stomachique, cholérétique et apéritive, emménagogue, et par voie externe, elle est vulnéraire, antiseptique et surtout antifongique. On l’utilise sous forme de décoction de rhizome séché (10 à 20 g/litre d’eau) ou sous forme de teinture ; une décoction plus concentrée (30 g/l) sert à laver les escarres et les affections cutanées comme les mycoses.
Le rhizome peut aussi être consommé après l’avoir fait cuire dans plusieurs eaux pour en atténuer l’amertume ; On peut aussi le râper cru dans une salade de fruits ou un gâteau. On peut encore le faire macérer dans l’alcool pour fabriquer une liqueur digestive ; les ligules jaunes des fleurs, riches en vitamine A, servent à décorer les plats.
Ingérée à trop forte dose, elle peut provoquer des nausées et des vomissements.

Un peu d’histoire…

Le nom d’espèce helenium est intimement lié à celui d’Hélène, femme de Ménélas, dont l’enlèvement fut la cause de la guerre de Troie ; elle serait, selon la légende, née d’une larme d’Hélène. De même, le nom d’aunée ou inule viendrait de l’ancien français eaune, lui-même dérivé du latin populaire elena et du grec helenion.
La grande aunée a un beau passé ; les grecs et les romains l’utilisaient pour traiter les vers intestinaux, pour soigner le rhume et les maladies pulmonaires, pour faciliter la digestion et comme antiseptique pour soigner les blessures. Albert le grand et Sainte Hildegarde au Moyen Age, Matthiole à la Renaissance en ont vanté les mérites. Jadis en Allemagne, elle servait à fabriquer un vin d’aunée appelé « potio Paulina » en référence à la recommandation de Saint Paul à Timothée de boire un peu de ce vin pour remédier à la faiblesse de son estomac… En Alsace c’est le « reps », obtenu par macération de rhizome d’aunée dans le moût de raisin ; ce nom vient probablement de l’allemand rülpsen = roter, allusion à l’action digestive de l’aunée. Une autre appellation, « quinquina français », va également dans ce sens.


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