La grande ciguë

Cousine de la carotte sauvage, la grande ciguë s’en distingue par ses tiges cannelées tachées de rouge bordeaux et son absence « d’odeur de carotte ». Elle est très commune et pousse dans les fossés humides, au bord des chemins et des cours d’eau.

Conium maculatum L. Fam.APIACÉES

grande ciguë, ciguë tâchetée Wurzelkrut, Hundspeterle, Teifelpeterle hemlock

La grande ciguë contient dans toutes ses parties, 5 alcaloïdes* très toxiques, dont le principal est la coniine ; ce sont les fruits verts qui en contiennent le plus.
La coniine est une substance neurotoxique qui perturbe le système nerveux périphérique ; elle agit à faible dose, 0,2g (quelques fruits verts) suffisent pour tuer un humain.

Les symptômes d’intoxication surviennent 1 à 2 heures après l’ingestion ; ils débutent par des troubles digestifs : nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales, puis par des troubles nerveux : céphalées, vertiges, tremblements et une paralysie ascendante (qui s’étend du bas vers le haut) sans jamais altérer la conscience. La mort survient par insuffisance respiratoire.

L’intoxication la plus célèbre est celle de Socrate en -399. Socrate, philosophe grec, accusé par ses ennemis, de corrompre la jeunesse, fut condamné à mort en buvant la ciguë. Son agonie en présence de tous ses disciples, nous est relatée par Platon dans son œuvre Phédon.

Malgré sa toxicité, la ciguë est une plante médicinale utilisée en homéopathie, indiquée dans les cas de vertiges, de dépression, de douleurs mammaires et de prostatisme.

*Alcaloïde : molécule azotée basique, fabriquée par la plante à partir des acides aminés, constituants des protéines.


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