La belladone

Grande et belle plante vivace de la famille des SOLANACÉES, d’origine eurasiatique, assez commune en France sauf dans les régions méditerranéenne et atlantique ; elle affectionne les lisières forestières et les clairières, de préférence sur sols calcaires.

Atropa belladonna L. Fam. SOLANACÉES

belle dame, bouton noir Tolkirsche, Teufelsgückel dawle

Parties utilisées :

Feuilles, sommités fleuries, racine.

Propriétés et utilisations :

Toute la plante contient des alcaloïdes extrêmement toxiques : atropine, hyoscyamine, et scopolamine ; ce sont surtout les baies qui sont responsables des intoxications car elles peuvent être confondues avec des myrtilles. Les effets se manifestent au niveau cardiaque : tachycardie et hypertension, au niveau intestinal, rénal et respiratoire par relâchement des fibres musculaires lisses, sécheresse des muqueuses, mydriase (la pupille se dilate), troubles de la vision (on ne peut plus accommoder), augmentation de la pression à l’intérieur de l’œil, rougeur de la face, congestion des centres nerveux avec agitation, délire, hallucinations et coma mortel.
Malgré sa grande toxicité, la belladone a des propriétés médicinales intéressantes (antispasmodique, antiasthmatique) ; on l’utilise en faible quantité en médecine, pour les anesthésies, dans les collyres ophtalmologiques ou pour lutter contre l’asthme. En homéopathie, elle est utilisée pour soigner les pathologies inflammatoires et infectieuses des voies respiratoires.

Un peu d’histoire…

Atropa vient d’Atropos, l’une des trois Parques, les divinités grecques maîtresses de la vie humaine, de la naissance à la mort ; Atropos était celle qui « coupait le fil de la vie » !! Le nom d’espèce belladona vient de l’italien bella donna, « belle dame », car, à la Renaissance, les belles italiennes s’instillaient dans les yeux un peu de jus frais de la plante, ce qui dilatait leurs pupilles (mydriase due à l’atropine) et augmentait la profondeur de leur regard et les faisaient légèrement loucher ; c’est de cette pratique que vient l’expression « avoir une coquetterie dans l’œil ».

Au Moyen Age, lors des sabbats, les sorcières l’incorporaient, avec d’autres plantes toxiques, dans une pommade qu’elles appliquaient sur la peau ; en pénétrant dans l’organisme, elle entraînait des hallucinations donnant l’impression de voler ou de « voir le diable ».
Au XIIIe siècle, Sainte Hildegarde de Bingen prévient « Il est dangereux pour l’Homme de boire de la belle dame car elle frappe son esprit et en quelque sorte le tue ».


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