Le millepertuis

Plante de "la Saint Jean" à cueillir au solstice d’été, excellent remède contre les brûlures.

Hypericum perforatum L. Fam. HYPERICACÉES

herbe-aux-mille trous Tüpfel Johanniskraut ou Hartheu common St John’s wort

Plante vivace commune au bord des chemins, dans les friches ou les clairières sur sol sec et caillouteux. Encore appelée Herbe-aux-mille trous ou Herbe-aux-piqûres en raison des nombreuses petites glandes translucides qui ponctuent sa feuille. C’est aussi une herbe de la Saint Jean car c’est au moment du solstice d’été que ses propriétés médicinales sont les plus actives.

Parties utilisées :

feuilles et sommités fleuries

Propriétés et utilisations :

Les fleurs et les bourgeons sont couverts de petits poils glanduleux produisant de l’hypéricine, pigment flavonoïde rouge qu’on peut extraire en faisant macérer les fleurs dans de l’huile, placée au soleil pendant plusieurs semaines. Les feuilles contiennent une huile essentielle localisée dans les glandes translucides. C’est l’hypéricine qui agit comme sédatif, anxiolytique et antidépresseur, car elle normalise les neurotransmetteurs intervenant dans les changements de l’humeur. On l’utilise en infusion (2 à 4 g de fleurs séchées pour 150 ml d’eau bouillante) pour soigner l’insomnie et la dépression légère et saisonnière.

Elle a aussi un effet photo-sensibilisant : se mettre au soleil pendant un traitement au millepertuis, expose au risque de démangeaisons et brûlures des parties exposées ; cela vaut aussi pour le bétail broutant du foin contenant du millepertuis.

Le millepertuis a aussi des propriétés astringentes, cicatrisantes, antiseptiques, anti-inflammatoires, antispasmodiques. L’huile de millepertuis est utilisée en massages pour soulager les douleurs musculaires telles que crampes et névralgies ainsi que pour soigner les blessures et surtout les brûlures.

Le millepertuis ne doit pas être utilisé dans les cas de maladies mentales grave (Alzheimer, schizophrénie…) Il présente également des risques élevés d’interactions avec d’autres plantes (passiflore, valériane, aubépine) avec certains compléments alimentaires ou médicaments (anticoagulants, antimigraineux…) Il est important d’informer le médecin de son utilisation éventuelle)

Un peu d’histoire…

Dans l’Antiquité, le millepertuis est déjà cité dans les ouvrages de Pline et de Dioscoride, comme remède aux troubles somatiques et psychiques. Il entrait dans la composition de la Thériaque que l’empereur Néron utilisait pour combattre les poisons. Pour les anciennes peuplades germaniques qui pratiquaient le culte du soleil, il apparaît comme une «  plante des signatures » car ses fleurs jaunes évoquent l’astre de lumière puis, après la christianisation, il est consacré à saint Jean Baptiste, car l’huile rouge qui en est extraite, évoque le sang de celui-ci.
Au XVIIe siècle il entre la composition du « baume tranquille », recette mise au point par 2 pères capucins, l’abbé Rousseau et l’abbé Aignan, ce dernier, surnommé Père Tranquille !, pour sa puissante action calmante et apaisante.
Au Moyen Age et bien après, il est considéré comme capable de chasser les maléfices et les mauvais esprits, d’où son nom de « Chasse-diable » La coutume voulait qu’on en suspende une branche dans la maison !


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