Que trouvait-on dans les jardins du Moyen-âge ?

Les plantes, un savoir ancestral

Bien avant le moyen-âge, le savoir sur les plantes, transmis de génération en génération, est indispensable à la survie.
Après l’occupation romaine, les invasions barbares des IVième et Vième siècles avaient fait régresser les cultures, certaines plantes sont délaissées, d’autres sont perdues.
Vers l’an 800, sous le règne de Charlemagne, est rédigée une ordonnance sur les biens de la couronne et les fermes de l’Empire. Un article de ce "Capitulaire de Villis" précise : "Nous ordonnons que soient cultivées dans les jardins toutes les plantes suivantes : lis, roses, fénugrec, aurone, sarriette, ...".

L’apport des monastères

Les monastères jouent un rôle prépondérant, leurs bibliothèques possèdent des ouvrages de référence sur la connaissance des plantes médicinales, chaque abbaye a son jardin de "simples" à partir desquelles les moniales fabriquent les remèdes "simples" ne comprenant qu’une seule substance et les thériaques contenant plusieurs dizaines de substances mélangées à du sirop ou à du miel.
Vers l’an 820, le plan de l’abbaye de St Gall en Suisse possède 3 jardins

Au jardin monastique d’Eschau, l’Hortus, le jardin potager, et l’Herbularius, le jardin des plantes médicinales ont été directement inspirés par le Capitulaire de Villis et par le plan de St Gall.

D’autres sources

  • l’hortulus de Walahfrid Strabo, composé à l’abbaye de Reichenau sur une île du lac de Constance
  • les plantes d’Hildegarde de Bingen
  • le codex Guta-Sintram de 1154 manuscrit conservé à la bibliothèque de Strasbourg qui mentionne des drogues d’origine végétale
  • le "Jardin des délices" de l’abbesse Herrade (vers 1190)
  • le retable d’Issenheim qui présente les 14 plantes utilisées dans la lutte contre l’ergotisme du seigle ;

Plantes à signature et plantes magiques

Les connaissances lacunaires de l’époque utilisent le fait que certaines plantes ressemblent à une partie du corps ou à une maladie : ce sont les ’plantes à signature’, comme la pulmonaire, la scrofulaire noueuse, l’hépatique.
D’autres plantes sont affublées de pouvoirs magiques.

A Eschau

l’Hortus

L’Hortus, le jardin potager, contient 18 espèces de légumes et de plantes aromatiques :

  • Ache
  • Ail
  • Aneth odorant
  • Bette
  • Cerfeuil
  • Chou
  • Ciboule Ciboulette
  • Coriandre
  • Échalote
  • Nigelle
  • Oignon
  • Panais
  • Pavot œillette
  • Persil
  • Poireau
  • Radis noir
  • Salade laitue
  • Sarriette

l’Herbularius

L’Herbularius, le jardin des herbes médicinales contient le 16 plantes précisées par le plan de St Gall, nous y avons rajouté l’aurone et l’anis vert

  • Anis vert
  • Aurone
  • Concombre
  • Fenouil
  • Fenugrec
  • Iris de Florence
  • Lis blanc
  • Livêche
  • Menthe poivrée
  • Menthe pouliot
  • Menthe-coq
  • Mongette
  • Romarin
  • Rose gallique
  • Rue
  • Sarriette vivace
  • Sauge officinale
  • Sisymbre